Qu'est-ce que l'E.M.D.R. ?

Psychologue clinicienne, je suis spécialisée dans le domaine de la victimologie et du psychotraumatisme.

 

Formée à la thérapie EMDR par l'école française de psychothérapie EMDR, je suis supervisée par des professionnels compétents et reconnus qui sont également impliqués dans la recherche scientifique. Le titre de praticien EMDR Europe est délivré à l'issue d'une formation rigoureuse et contrôlée.

 

Les initiales EMDR signifient eye movement desensitization and reprocessing c'est-à-dire désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires, c'est-à-dire désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. En effet la thérapie EMDR utilise une stimulation sensorielle bi-alternée (droite-gauche) qui se pratique par mouvements oculaires – le patient suit les doigts du thérapeute qui passent de droite à gauche devant ses yeux.

Depuis près de de 30 ans la thérapie EMDR a prouvé son efficacité à travers de très nombreuses études scientifiques contrôlées mises en place par des chercheurs et cliniciens du monde entier. Elle est principalement validée pour le trouble de stress post-traumatique (TSPT), qui est la dénomination scientifique de ce qu’on appelle aussi plus communément le psychotrauma.

 

A ce titre, la thérapie EMDR est recommandée, entre autres instances publiques nationales et internationales, par :

  • La Haute Autorité de Santé depuis Juin 2007, pour l’état de stress post-traumatique (ancienne dénomination du TSPT) ainsi que pour les comorbidités souvent associées (dépression, risque de suicide, dépendance vis-à-vis de drogues ou de l’alcool, etc.). 

  • L’Organisation Mondiale de la Santé depuis 2013.

  • Un rapport Inserm de Juin 2015 fait un état des lieux de la validation de l’efficacité de l’hypnose et de l’EMDR Evaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose.

 

Pour plus de détails sur cette thérapie, vous pouvez consulter le site web EMDR France: https://www.emdr-france.org

Quelles sont les indications pour un traitement par E.M.D.R. ?

Lorsque le psychisme est dépassé par un choc traumatique, notre cerveau est pris à défaut dans ses capacités intégratives et n’arrive pas à "digérer" et à "archiver" les informations comme il le fait ordinairement. Il reste centré sur l’évènement comme si celui-ci venait de se passer. La personne reste alors marquée par un vécu émotionnel ou sensoriel douloureux et non métabolisable . Ce sont ces vécus traumatiques non digérés qui creusent le lit de la pathologie, provoquant un trouble de stress post-traumatique et d’autres pathologies associées: dépression, anxiété, troubles du comportement, addictions...

 

On rencontre des troubles liés au traumatisme chez les victimes d’évènements traumatiques survenant dans l’enfance ou à l’âge adulte  (agressions et maltraitances physiques, psychologiques, et sexuelles, accidents, deuils, attentats, catastrophes naturelles), mais aussi chez les militaires et civils victimes d’évènements survenant dans le cadre de guerres et de conflits armés.

Il est à noter que les proches de personnes victimes, notamment les enfants, sont également concernés par un possible impact traumatique indirect de la violence subie par leur proche.

Les événements à l’origine des troubles traumatiques peuvent être aussi des évènements de vie difficiles, qui n’ont pas été identifiés à l’époque comme potentiellement traumatiques car ils semblent avoir été surmontés, mais qui laissent des blessures émotionnelles pouvant être à l’origine de perturbations psychologiques ou de comportements inadaptés ou excessifs dans la vie quotidienne. Cela peut concerner des difficultés familiales vécues dans l’enfance, des ruptures, des difficultés conjugales, des maladies et opérations, des interruptions de grossesse, des difficultés professionnelles, etc…

Majoritairement les perturbations s’expriment sous forme d’irritabilité, angoisses, cauchemars, reviviscences et ruminations à propos du vécu traumatique, tendance à l’isolement, état dépressif, comportement agité voire violent, douleurs physiques, somatisations, régression et/ou répétition des violences chez l’enfant … La chronicisation du trouble peut entraîner dépression, addictions, trouble du comportement alimentaire, attaques de panique, phobies...

 

Comment se passe une séance d'E.M.D.R. ?

Du fait de l’effet puissant de cette thérapie sur le psychisme du patient mais aussi parce qu'elle est indispensable à l'établissement d'une relation de confiance entre le thérapeute et le patient, une préparation est indispensable.

 

Les entretiens préliminaires permettent avec le patient d'identifier une problématique actuelle susceptible d’être traitée en EMDR, puis les souvenirs traumatiques à l’origine de ces difficultés et de mettre en place des outils psychocorporels de stabilisation émotionnelle qui peuvent être utilisés en cours de séance ainsi qu’en pratique autonome entre les séances.

Les souvenirs perturbants identifiés sont ensuite retraités, un à un, lors des séances, à l’aide des stimulations bilatérales alternées. Il faut parfois plusieurs séances pour traiter un seul souvenir. Pour les enfants, selon leur âge, le traitement EMDR peut se faire en présence de leurs parents.

Le processus psychique de traitement activé par la méthode est un processus conscient. Il correspond à ce que fait naturellement notre cerveau quand il ne se bloque pas.


Au début, le praticien demande au patient de se concentrer sur le souvenir traumatique, en gardant à l’esprit les aspects sensoriels les plus perturbants (image, son, odeur, sensation physique), ainsi que les pensées et ressentis actuels négatifs qui y sont associés.
Le praticien pratique alors des séries de stimulations bilatérales alternées rapides; entre chaque série, le patient dit ce qui lui vient à l’esprit ; il n’y a aucun effort à faire pendant la stimulation pour obtenir tel ou tel type de résultat, l’évènement se retraite spontanément et différemment pour chaque personne selon son vécu, sa personnalité, ses ressources, sa culture.
Le praticien continue les stimulations jusqu’à ce que le souvenir ne génère plus de perturbations mais soit mis à distance, « effacé », ait perdu sa vivacité. Ensuite, toujours avec des stimulations bilatérales alternées rapides, il aide le patient à associer à ce souvenir une pensée positive, constructive, pacifiante, et à évacuer d’éventuels restes physiques désagréables.

Une séance d’EMDR dure de 60 à 90 mn, pendant laquelle le patient peut traverser des émotions intenses, et en fin de séance, peut généralement ressentir une nette amélioration.

Il est important de considérer que l'utilisation de l'EMDR s'insère dans le cadre plus large de la thérapie qui met en jeu, au delà des séances d'EMDR pures, la question de l'histoire du patient et du lien spécifique qui se crée entre le patient et son thérapeute.

SOURCE : https://www.emdr-france.org